DANS LA PEAU D'UN RASETEUR
Le jour se lève, c'est un jour comme les autres, je suis avec les miens, je profite de cette belle matinée.
Cette apres-midi, je vais faire,cette chose que j'aime tant, cette chose qui me fait vivre, cette chose qui fait ce que je suis:
RASETER.
La course commence dans 2 heures, je me repose un peu avant de mettre mes affaires dans mon sac et c'est parti direction les arénes.
Sur le trajet, je sens la pression qui commence à monter, une boule m'envahie le ventre ...
Lorsque j'arrive aux aréne beaucoup de personnes sont déjà présentes, je prend plaisir à discuter avec elles, à prendre la température comme on dit...
Demi-heure avant la course je rejoins mes collégues dans les vestiaires, je ne ressens rien de particulier.
Tandis que certains préférent rester dans leur coin ou raconter des conneries moi je suis comme d'habitude, comme si de rien n'était
mais nous avons tous en tête la course qui va se dérouler.
Je commence mon échauffement, dans ma bulle, je sens la tension qui n'en finie plus de monter.
- Messieurs, en place pour la capelado s'il vous plait ! -
La course va commencer, je rentre en piste, comme à mon habitude, je me place toujours au même endroit avec mon crochet à la main, un de mes collégues se signe, un autre ramasse du sable ...
Certains de mes collégues ne se sentent pas bien mais font tout pour ne pas le montrer ...
Désormais je n'attend qu'une chose: que la porte du toril s'ouvre ...
Le cocardier entre en piste, la course est lancée enfin presque ...
La trompette retentie, me voilà libéré et prêt à partir à l'aventure !
Plus de peur, plus de stress, plus de tension, juste l'envie de montrer ce dont je suis capable, envie de donner du plaisir à tous ces gens qui sont là, présents dans les gradins et sans qui je ne serais pas grand chose, envie de me faire plaisir ...
Je suis aux anges ...
Pendant prés de 2 heures, je suis dans mon élément, dans mon monde,
Je suis heureux et fier de faire ce que je fais, même si ce n'est pas toujours comme je le souhaite, je vis ma passion et cela n'à pas de prix ...
La course s'achéve, mes proches sont heureux de me retrouver entier, pour eux la peur peut enfin s'estomper.
Aujourd'hui, j'ai fait une bonne course, les gens me félicite, d'autres me donne des conseils précieux qui vont m'aider à avancer.
Je suis content de moi, j'ai le sourire,la soirée va être agréable.
Ce n'est pas toujours le cas, car il m'arrive d'avoir des jours sans,
des jours où je fais des choses qu'il ne faut pas, des jours où je sens des regards qui se posent sur moi, des regards qui font mal, où j'entends des mots qui ne font pas plaisir à entendre et dans ce cas là mon sale caractére reprend le dessus.
Mais la Course Camarguaise est ainsi, le droit à l'erreur ne nous est pas accordé par tout le monde et il me faut faire avec et faire en sorte de démontrer au monde de la Bouvine que ce n'était qu'une mauvaise passe, comme il peut nous arriver à tous de traverser mais même dans des moments comme cela je reste fier de m'habiller en blanc et de revêtir cette tenue.
Il est l'heure que j'aille me coucher, des images plein la tête ...
Je refais mes rasets dans ma tête, je revis tous ces moments là,
Ces applaudissements du public qui sont ma plus belle récompense
Et je m'endors tranquillement en songeant déjà au prochain épisode.
audrey
merci à vous 2 qui m'avait fait partager
vos émotions afin que je puisse écrire ce texte